Le syndrome premenstruel Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Les Infos - Articles
Écrit par admin   
08-02-2008

Comme vous en avez l’habitude maintenant, je vais commencer mes articles par un peu d’histoire : le concept même de "Syndrome prémenstruel" suit l'évolution des connaissances médicales au sujet des rapports entre cycle menstruel, système nerveux central (SNC) et histoire psychoaffective de la femme.

L'idée d'une association entre troubles menstruels et troubles psychologiques est très ancienne. Chez Platon déjà on évoque l’idée de ce méchant utérus qui ravage l'intérieur de la femme en causant des manifestations hystériques. Dans le "De morbis mulierum", la plus importante des oeuvres gynécologiques du "Corpus Hippocraticum" (V-IVe siècle av. JC.), l'utérus est ressenti comme "la cause de toutes les maladies des femmes". On retrouve cette image d’utérus baladeur se déplaçant jusqu'aux hanches, à la tête, au coeur, aux côtes, au diaphragme, au foie. Cela peut nous paraître assez étonnant aujourd’hui mais cela va justifier quasiment toutes les affections des femmes à l’époque.

On pense également qu'il y a un "mal féminin", lié à la nature même de la femme et cela va même encore plus loin avec Moebius. Ce savant pourtant très respectable montre à travers ses écrits publiés en 1900 toute la méconnaissance du corps médical à l’époque : "la femme se présente pendant la plupart de sa vie comme un être abnorme (hors norme pour les non latinistes...). Tout en n'étant pas une véritable maladie, les menstruations et la grossesse troublent profondément l'équilibre mental et portent atteinte à la capacité de discernement et au sens juridique".... (là je ne sais pas pourquoi mais je devine l’apparition d’un léger sourire en coin sur le visage des hommes qui se seraient égarer à lire cet article, genre « ils avaient pas complètement tort les anciens ! » ou alors « mais c’était donc ça !!! ».)

En 1890, le psychiatre français S. Icard édite un ouvrage ("La femme pendant la période menstruelle") qui contient une étude clinique détaillée des rapports entre troubles psychiques et cycle menstruel. Son étude clinique des différents symptômes est assez précise et ne manque pas d’humour (parce que c’est forcément de l’humour !!!) : "La menstruation s'annonce pendant huit jours par des coliques, des picotements aux seins, des maux de tête. La fille devient méchante, irascible, furieuse à la moindre objection. L'époque terminée, tout rentre dans l'ordre".

En 1931, le Docteur Frank lance le concept de "premenstrual tension", qui a été largement employé jusqu'à nos jours. Frank distingue à ce moment trois groupes de malades:

• Les femmes avec des troubles mineurs (fatigue, irritabilité, absence de concentration, douleurs),

• Les femmes avec un malaise suffisamment important pour qu'un handicap évident s'ensuive (femmes qui doivent rester au lit pendant quelques jours en raison de douleurs et/ou qui ne peuvent pas travailler),

• Les femmes présentant de graves désordres somato-fonctionnels (épilepsie, asthme), qui se réactivent pendant la période prémenstruelle.

Là vous vous dites : évidement ce sont des hommes !!! Mais je vous rassure les femmes ne sont pas en reste… Dans son livre "Maternité et sexualité", Marie Langer (1951) a décrit des troubles psychiques et somatiques qui apparaîtraient à l'occasion des règles. Selon elle, pour une fille normale, les règles sont vécues comme une réconciliation avec la mère. Elle ressent la maturité sexuelle comme un cadeau de sa mère, qui lui "permettrait ainsi d'avoir des enfants". A cause des complexes dont elle souffre, la femme névrotique, perçoit par contre, les règles de façon angoissante et culpabilisante… Et pourquoi me direz-vous ? Attendez, c’est là qu’on commence à rigoler : "L'enfant comprend que le sang sort de l'intérieur du corps. Elle imagine donc la blessure comme quelque chose d'intérieur et pense que le corps de la femme est blessé. Et comme elle imagine qu'il y a des enfants à l'intérieur du corps féminin, l'hémorragie devient à ses yeux la preuve que ses futurs enfants aussi ont été endommagés. Il existe déjà l'idée de la blessure, d'une agression subie par la femme, et, l'organe qui perd du sang étant le génital, la blessure (et ses conséquences catastrophiques) vont être ressenties comme la conséquence d'un acte génital". J’espère que vous avez tout suivi !!! Donc je vous résume un peu la situation : vous n’avez pas de syndrome prémenstruel, vous êtes normale, vous souffrez de maux de ventre, de seins gonflés, voir d’irritabilité, vous êtes bonne pour une psychothérapie d’environ 20 ans pour découvrir au bout de tout ça que c’est la faute de votre mère.

Bon maintenant venons-en aux faits : des millions de femmes éprouvent dans la période qui précèdent leurs règles tout un ensemble de troubles qui handicapent leur vie quotidienne, il s'agit d'une véritable souffrance qui peut bénéficier d'une prise en charge médicale adaptée et pas forcément psychiatrique…

Le cycle menstruel qui se termine par l'apparition des règles est le résultat d'un équilibre hormonal complexe associant les deux principales hormones féminines : la progestérone et les œstrogènes. Chez plus de la moitié des femmes, entre 25 et 45 ans, la deuxième période du cycle, c'est-à-dire les deux semaines qui se situent entre l'ovulation et la survenue des règles sont marquées par l'apparition progressive de troubles plus ou moins marqués et qui peuvent être des plus handicapants pour la femme pratiquant une activité sportive que ce soit à titre amateur ou professionnel :

• une tension mammaire avec des seins qui deviennent gonflés, tendus, hypersensibles et douloureux

• une prise de poids pouvant atteindre 2 à 3 kg avec apparition d'un œdème au niveau des membres inférieurs

• des troubles de l'humeur qui varient selon les femmes et peuvent prendre la forme d'une déprime (plutôt que d'une dépression), de céphalées, d'irritabilité, d'une fatigue, de troubles du sommeil et voire même de troubles du comportement alimentaire avec boulimie

• des troubles digestifs avec apparition d'un gonflement abdominal, de nausées, de vomissements, de diarrhées ou de constipation.

Ces troubles dont on explique encore aujourd'hui mal le mécanisme physiopathologique sont sans doute liés à une sensibilité particulière à la progestérone dont la concentration augmente tout au long de la deuxième partie du cycle et chute brutalement au moment des règles tout comme diminuent les signes du syndrome prémenstruel. Les douleurs peuvent être très invalidantes et même aller jusqu’à entraîner un repos complet. Pour l’instant il n’existe pas vraiment de réponse médicale efficace. On peut tout de même prendre quelques précautions alimentaires qui sont souvent le résultat d’observations des traditions ancestrales :

• diminution de la consommation de sucres raffinés qui engendrent une production d’insuline, ce qui peut favoriser la production de prostaglandines pro inflammatoires. On retrouve cela dans le régime macrobiotique très largement inspiré des traditions culinaires japonaises.

• Augmentation de sa consommation en acides gras oméga 3 que l’on trouve dans les poissons gras, l’huile de colza, l’huile d’olive… (c’est la base de certains régimes à la mode aux US qui nous promettent jeunesse éternelle mais qui en fait est là aussi un condensé de pratiques japonaises et crétoises). Les omégas 3 sont connus pour leur caractère anti-inflammatoire. Et comme le signalait déjà dans ses recommandations le Docteur Chaille, les coureuses souvent très attentives à leur poids ont tendance à supprimer les graisses, ce qui est une grossière erreur.

• Certains préconisent la suppression de la viande rouge pendant cette période toujours pour l’impact négatif des prostaglandines pro inflammatoires. Cette théorie est basée sur des observations faites au sein de tribus que l’on pourrait qualifier de primitives (même si j’ai horreur de cette qualification…). Les femmes ne mangent plus de viande pendant les quelques jours que durent leurs règles (et même souvent quelques jours avant) pour éviter les douleurs.

N’hésitez surtout pas à parler de vos problèmes à votre gynécologue. Il n’est pas là que pour le frottis de contrôle mais aussi pour vous aider dans votre vie de femme et de sportive si tel est le cas. Une contraception adaptée peut vous aider à gérer ce syndrome. Les pilules de nouvelle génération, en particulier celles qui permettent de passer plusieurs mois sans règles peuvent être une solution. A vous de trouver la bonnes solution qui est avant tout celle qui vous convient le mieux.

 

En conclusion je dirais qu’entre nos problèmes pré-menstruels, nos problèmes menstruels, les arrêts dus aux grossesses, les différences morphologiques (pas à notre avantage !), nous avons bien du courage de courir. Je propose d’ailleurs qu’en plus de l’augmentation des toilettes, vivement demandée, les hommes aient un handicap d’au moins 20 min sur les courses pour que l’égalité soit de mise !!!

Je rigole…

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Commentaires (2)Add Comment
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Ecrit par lou2009, décembre 29, 2008
merci pour cet article qui m'a fait bcp sourire, j'ai longtps souffert du spm tout en pensant que je devenais folle ... juste au jour, où j'ai décidé de prendre rdv avec mon généraliste, et là à ma grande surprise il n'était pas là ... il y avait une remplaçante ... je commence à lui parler de mes humeurs et de mon état général juste avant mes régles en me disant dans ma tête pourvu qu'elle ne fasse pas une prescription pour un séjour en HP ....Et bien non !!! je me suis ENFIN sentie comprise ! c'est ce satanée SPM !!!! Depuis je prends une pilule en continu (minesse) et plus de SPM ! Le rêve.
lou
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Ecrit par barbara, mai 30, 2008
j 'ai courru le semi marathon de paris dernierement le 2 mars or c 'etait le 1er jour de mes règles le matin meme .Les 10 premiers km se sont très bien passéen un peu moins d une heure mais ensuite j ai voulu boire une petite bouteille d eau et cela a été catastrophique : coup de barre, points de côté, mal au ventre . bref je n'étais que l ombre de moi meme et j ai péniblement terminée en 2h20 je crois nettement moins bien que la fois précedente ou je l avais fait en 2h00.
faut il carrément s'abstenir de courrir dans ces moments la ? je n ai pourtant jamais eu de symptomes douloureux ni bloquant pour fair edu sport .
merci pr vos conseils

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