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Il suffit de lire les comptes rendus des coureurs pour prendre conscience de l’importance des troubles intestinaux et gastriques pour bon nombre d’entres eux. Ils deviennent monnaie courante pour les courses d’une durée supérieure à 3 h et sont souvent à l’origine des abandons sur des ultras comme les 100 km. Mais d’où viennent-ils ? Et surtout y a-t-il un moyen pour les éviter ?
Les problèmes intestinaux sur course sont dus en grande partie aux chocs répétés sur le bitume qui finissent par engendrer d’éventuelles lésions. L’intensité de l’effort a été écartée suite à de nombreuses études qui ont prouvé que ces syndromes étaient beaucoup moins nombreux chez les cyclistes ou les nageurs.
Mais les lésions ne suffisent pas à tout expliquer. Il faut aussi aller voir du côté des vaisseaux sanguins. Même pour quelqu’un qui n’a pas fait médecine, il est aisé de comprendre que les muscles mis à rude épreuve pendant un marathon ont besoin d’un apport sanguin supérieur à un simple petit jogging du dimanche. Mais comme le corps humain est bien fait (ou mal fait tout dépend de quel coté on se place…), le sang se concentre donc sur les muscles sollicités plutôt que sur les autres organes comme l’appareil digestif. La première conséquence est une augmentation de l’acidité gastrique, avec une altération de la muqueuse intestinale et donc de sa capacité d’absorption. La deuxième conséquence et bien sur c’est là que cela se gâte pour notre coureuse et notre coureur (apparemment l’égalité des sexes est parfaitement respectée pour ce genre de problèmes !) est l’apparition de spasmes intestinaux pouvant aller jusqu’à des diarrhées. N’allez pas croire qu’il suffit de s’arrêter de courir pour que tout redevienne normal. Avec l’arrêt de la course, le reflux sanguin amplifie encore les lésions au niveau de la muqueuse et il faudra attendre quelques temps avant que tout redevienne normal.
Les problèmes gastriques concernent tout le monde, du coureur débutant, au coureur régulier adepte des courses plus courtes que les marathons. Comme les problèmes intestinaux, ils sont dus à une augmentation de l’acidité gastrique. Ils se manifestent par un RGO (reflux gastro-œsophagien). La sensation de brûlure qui part de l’estomac pour remonter jusqu’à la gorge est très désagréable pendant une course mais c’est surtout sa répétition qui peut avoir de graves conséquences. Cela peut aller de l’œsophagite (inflammation de l’œsophage) à un ulcère de l’estomac qui lui posera des problèmes course ou pas course. L’ulcère évolue souvent par crises et peut s’aggraver sous l’influence d’autres éléments, le plus connu étant le stress mais aussi un régime alimentaire inadapté. Il est important de consulter un gastro-entérologue qui vous proposera un traitement efficace.
L’hyperthermie pendant la course ou la déshydratation sont autant de facteurs à prendre en compte pour éviter ce genre de désagrément comme l’usage de certains médicaments ou un régime alimentaire inadapté. Beaucoup se lancent dans le célèbre régime dissocié la semaine précédant le marathon sans avoir au préalable pris la précaution de le tester. Cela peut avoir des conséquences directes sur leur course, le corps réagissant mal à ce changement alimentaire brutal.
Il faut également veiller à adapter sa tenue à l’effort que l’on va fournir. Combien de coureurs partent soit trop couvert, soit pas assez ? Pourquoi ne pas suivre l’exemple des danseuses qui se découvrent au fur et à mesure de leur répétition ? Il suffit pour cela de partir avec un tee-shirt usagé ou un sweat tout dépend du temps que l’on sacrifiera au bout de 5 km et pas forcément dès le début de la course ? (un petit conseil : ne pas oublier d’accrocher son dossard sur son tee-shirt technique et pas sur celui que l’on va jeter en route…). Pensez à bien respecter le délai de digestion d’environ 3h si vous optez pour une alimentation « naturelle » le matin d’une course. Ce délai sera un peu raccourci avec les fameux gâteaux réservés aux sportifs. Pensez également à bien mastiquer pour faciliter le travail de votre estomac.
Si vous êtes sujet à ce genre de troubles, il ne faut pas hésiter à tester également les boissons isotonique (en sortie longue avant bien sur, pas le jour J !!!). La perte de sodium, les troubles rénaux et l’hypoglycémie sont autant de troubles qui peuvent avoir de graves conséquences sur votre course.
Evitez de boire de l’eau très fraîche pendant une course. Si la température extérieure ne permet pas un ravitaillement à température ambiante (les bénévoles font un travail formidable mais ils ne peuvent rien contre les éléments extérieurs…) un petit truc : partez avec votre gourde d’eau. Buvez celle là au premier ravitaillement et renouvelez avec celle distribuée ainsi de suite jusqu’à la fin. En faisant cela, elle aura le temps de se réchauffer un peu et vous pourrez ainsi toujours boire une eau un peu plus chaude.
En cas de persistance de ces troubles, il est possible également de se tourner vers l’ostéopathie qui peut aider en agissant sur les muscles du tube digestif.
Entre nous : pas d’inquiétude démesurée surtout, tout le monde n’est pas forcément sujet à cela. Pour écrire cet article, il a fallu que je me documente parce que je ne sais pas ce que c’est !!! Et comme le stress peut jouer un grand rôle, on n’oublie pas de se détendre avec une bonne séance de sophrologie par exemple en suivant les conseils d’Annette Sergent.
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