Atacama
Écrit par ken Dimanche, 23 Mai 2010 08:53
Des évènements récents sur le forum ont mis, bien malgré elle Atacama en avant. Mais au fait qui est-elle ? Qui se cache derrière ce pseudo de guerrière cheyenne ? Vous allez découvrir une femme extraordinaire pour qui la course à pied est un moyen de s’évader (oui je sais très mauvais jeu de mots !) et d’être juste tout simplement vivante.
J'ai 42 ans, je suis originaire de Normandie et j'habite depuis 2006 en Aquitaine. Professionnellement, je suis spécialisée dans les bracelets.... (je vois d'ici les yeux de certaines qui s'illuminent !)....., les bracelets électroniques ! Ah oui, ça calme !
Je travaille dans l'Administration Pénitentiaire, faut il y voir un lien avec mes envies de m'évader et d'aller courir les campagnes ?!
La course à pied et moi c'est une longue histoire d'amour faite de moments forts, d'espoirs déçus et de grands bonheurs aussi. C'est ce que je vais vous raconter au travers de mon portrait.
Atacama Poussin
Dès toute petite je ne pense qu'à courir. Dans la cour d'école en Maternelle, je me revois pousser le « tourniquet » sur lequel il y a les autres écoliers en courant à un rythme effréné. En primaire, (nouvelle corde à mon arc !) je passe mes récréations à courir et... faire des bonds, arrachant les feuilles des arbres. L'instituteur pour me calmer me fera plus d'une fois recoller les feuilles à l'arbre avec un bâton de colle !
Pour autant je ne suis pas calmée... Et quand j'entre en 6ème je suis remarquée par ma prof de sport. Elle invite mes parents à m'inscrire dans un club d'athlétisme, mais ces derniers sont allergiques au mot sport et trouvent préférable pour moi que j'apprenne le crochet dans un club... Mais du 3ème âge ! Pas vraiment ce dont j'avais rêvé.
Courir est pour moi naturel. Et quand je marche on me dit que je saute, ce qui me vaudra d'être pendant longtemps surnommée « Z » comme « Zébulon »... Ce sport s'imposera donc à moi.
Ma prof de sport, alors que j'ai 10 ans réussira quand même à m'enlever le temps du Championnat Régional de Cross de Normandie où je termine sur la 3ème marche du podium.
Ce sera mon unique course jusqu'à mes 40 ans !
Atacama Sénior
Mes rêves de Championne se sont envolés avec les années. Adulte je pratique le sport en solo. Je fais du jogging, du VTT, du badminton, de l'aviron, du canoë, le tout en dilettante, frustrée de ne pas avoir embrassé la carrière de sportive dont j'avais rêvée. Mais une chose est sûre je ne peux pas vivre sans sport. Par ailleurs, je me passionne également pour la photo.
Puis en 2001 le jour où les tours s'écroulent à New-York je passe le concours de la Pénitentiaire dans lequel il y a des épreuves d'athlétisme. Et là nouveau déclic. Je boucle mon 400 mètres en 1'10. Je suis étonnée de figurer dans « les meilleures ».
Je décide donc secrètement de m'entraîner pour le Marathon de Paris (seul nom de course que je connais à l'époque !). Je cours tous les matins dans de mauvaises baskets 10, 15 km au feeling. Sans plan d'entraînement. Je m'hydrate mal, j'enchaîne avec des séances de badminton à gogo...
Evidemment, à faire n'importe quoi mon tendon d'Achille casse net fin 2002. Opération, plâtre pendant 6 semaines. 10 jours après avoir été déplâtrée, re-belote, le tendon casse à nouveau (le chirurgien a juste oublié de me dire d'utiliser des béquilles pour me déplacer !), re-plâtre pendant 6 semaines !
Mes rêves de marathon s'envolent à nouveau. Et pire je pense ne jamais pouvoir recourir, tant la rééducation est longue et laborieuse ! Je n'ose pas recourir pendant 5 ans.
Atacama Vétérante
2008, j'ai 40 ans et je décide de reprendre la course à pied pour arrêter de fumer. Le 1er janvier, je m'inscris pour Marseille/cassis (autre nom de course que je viens de découvrir !). Ce coin de France me fait rêver et cela me laisse 10 mois pour me préparer et ne pas replonger côté tabac...
Et là c'est la révélation... Pendant 10 mois je m'entraîne à ma façon dans l'euphorie de l'objectif que je me suis fixé (moins de 2h00 pour 20 km, sans savoir si c'est possible, utopique : on verra bien le moment venu...).
Marseille, octobre 2008, je prends mon 1er départ perdue dans une foule compacte. Je fais la connaissance de Bob en attendant le coup de pistolet libérateur : 70 ans, tatoué et percé de partout, les cheveux longs, il semble avoir couru et baroudé partout en France et à l'étranger. C'est son énième Marseille/Cassis... Il me prend sous son aile et m'invite à le suivre pour « ne pas me griller » dans la montée !
Finalement, je franchis le Col de la Gineste avec facilité, je temporise même pour attendre Bob qui dégouline de sueur et n'est pas au mieux. Il m'ordonne de partir devant et dans la descente galvanisée par l'ambiance, j'ai le sentiment de voler et je redeviens à cet instant l'Atacama enfant... J'atteins mon objectif les larmes aux yeux...
Je découvre l'ambiance d'avant-course et d'après-course. Je suis fascinée moi qui pendant longtemps pensais que les courses étaient réservées aux champions et athlètes confirmés. Je réalise qu'elles sont aussi faites pour moi et qu'être en Club n'est pas une condition nécessaire pour s'aligner au départ d'une course.
Cette période de ma vie coïncide également avec la rencontre avec Ehbehoui... Elle me fera découvrir Courir Au Féminin mais aussi me donnera « mon » 1er magazine de course à pieds Je le lis et le relis émerveillée par ce monde que je découvre... Elle s'improvisera également « coach » d'Atacama et me fera mon 1er plan d'entraînement que je ne suivrais pas bien évidemment mais que je suis contente de regarder !
Je passe le plus clair de mon temps sur CAF à lire les compte-rendus, m'inspirer des méthodes de course des unes (Brinouille par exemple. Je ne sais pas pourquoi « elle » mais c'est ma référence à distance), admirer la détermination ou les exploits des autres... (Et là il y en a trop à citer !)
2009 : Un nouveau départ
A partir de là, on ne m'arrêtera plus... Je n'ai pas assez de week-ends pour envisager tout ce dont je rêve : courses nature, raid, semi-marathon, 10 km... J'ai une envie de tout courir à condition que le coin soit joli. Pour chacune de ces disciplines je m'amuse comme une « gamine » avec une préférence pour les courses « nature ». J'aime la campagne, la boue (bien qu'un peu maniaque pour mes baskets !), les paysages de vigne, les odeurs de forêt et la convivialité plus prononcée de ces dernières. Je suis trop fière de faire mes 1ers C.R sur CAF.
Parallèlement j'ai envie de découvrir qu'il y a des personnes réelles qui se cachent derrière leur clavier et ma première rencontre CAF se fera sur un 10 km en Normandie. Je donne rendez-vous à Eric qui accompagné de Cecil me décomplexera définitivement. A cette occasion « Atacama sister » y fera sa première course, son 1er 10 km tout comme moi d'ailleurs. Un collant DIM sous le short et sans chaussette dans les baskets, elle amusera Eric et ce sera l'occasion d'une bonne partie de rigolade... J'ai fait de Eric mon grand frère de cœur, moi qui n'ai que des sœurs.
J'enchaîne les courses : mon enthousiasme et quelques prédispositions naturelles suffisent à me faire monter sur les podium que j'enchaîne également (j'allais ajouter sans le faire exprès, si si c'est bien vrai !).
Je n'en reviens pas. Je termine mon 1er semi-marathon à Annecy en avril 2009 en 1h34 et des poussières sans entraînement spécifique et deviens championne de France Pénitentiaire ! Cette année, je suis en attente de réponse pour les Championnats d'Europe de Cross de l'Administration Pénitentiaire... Incroyable pour moi qui suis amateur et autodidacte... Deux ans après mon 1er dossard, je cours le 10 km en 41'30. Pas de quoi crier au miracle mais de quoi largement me satisfaire. Si j'ai intégré les notions de VMA, fractionnés etc... Je ne les ai pas encore mises en pratique. Je cours en m'amusant comme sur le marathon du Medoc mon premier et unique à ce jour. C'est là que je reconnais Chantaki au km 20 parmi le nombreux public, je m'arrête, on fait la « causette » et c'est le début d'une belle amitié.
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Les filles d'Aquitaine
Bientôt Chantaki forme le groupe des Filles d'Aquitaine. Il y a Bullit, « la femme d'expérience », Chantaki notre soleil, Nathou « la pro », Seyches « la rêveuse », Turbotine47 « l'oeno-sportive », Sealine « la débutante », Pomponette « l'acharnée », Liboulou « la discrète », Melina de « malin maligne », Ehbehoui... « l'intermittente » et toutes les autres Téresa, Patou etc... que je connais moins... Je m' intègre avec bonheur au groupe et j'éclabousse les filles de mes rêves, tant et si bien qu'une partie d'entre elles signent comme moi pour le Cross du Mont-Blanc, d'autres me suivent sur le Raid d'Hostens etc...
J'espère secrètement que d'autres groupes régionaux verront le jour (mais je crois que le Pays de la Loire en a aussi crée un !) et que ce sera l'occasion de belles rencontres et challenges amicaux !
La course à pied par le biais de Courir au Féminin m'offre tout ce dont je rêvais secrètement : la rencontre virtuelle et/ou réelle avec des passionné(e)s comme moi, la concrétisation de projets toujours reportés avec la notion de plaisir comme leitmotiv.
Comme vous vous en êtes rendu-compte au travers de mes écrits, je cumule les déboires sur les podium, tantôt rétrogradée de 2ème à 5ème, tantôt récupérant mon podium de justesse car inscrite en VH, tantôt comme récemment, victime de l'amnésie de l'Organisateur qui fera d'une autre la vainqueur officielle sur le podium du village !!! Mais cela n'entame pas mon enthousiasme, mon bonheur de courir et ma motivation (s'il y a bien un groupe auquel je n'appartiendrai jamais je crois c'est « Viens chercher motivation... » car moi il faudrait plutôt me motiver à rester chez moi parfois !!!)
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Mes rêves, mes projets
C'est dans cette logique que progressivement j'ose envisager des courses de plus en plus folles : dans mes beaux projets 2010, il y a le Cross du Mont-Blanc, mais aussi un magnifique trail sur Belle-Ile-en Mer en septembre. (Merci Marco de m'emmener au bout de mes rêves mais me voilà aussi embarquée au « Sans borne du Diable », un Raid de 116 km conciliant VTT, canoë, tyrolienne, parcours aquatique et aérien, trail bien sur ! ).
Un marathon aux USA me ferait rêver aussi, mais un joli parcours près de chez moi me procurerait autant de bonheur... Je préfère ne pas trop planifier pour garder le sentiment de liberté intact et laisser la part belle à l'improvisation. Un ou 2 projets planifiés par an c'est déjà pas mal pour moi !
Les courses à étapes me font de l'œil aussi. Mon rêve le plus fou : le Raid « l'Etoile d'Atacama » au Chili : un raid (trail)sur 9 jours de 275 km environ au milieu des plus beaux paysages du monde (oui oui oui, ma sœur me l'a dit !), dans le désert le plus aride de la planète, avec vue sur la Cordillère des Andes . Mais aussi le Marathon des Sables quand je serai entraînée... La Trans'Aquitaine et.... STOP ! Une chose après l'autre !
Toute cette histoire pour vous dire que la passion est un moteur extraordinaire, et que si la course à pied n'a rien changé à mon mode de vie, elle a changé ma vie... J'espère aussi vieillir comme notre « Josette » nationale et éprouver à 70 ans le même plaisir à courir...
Au plaisir de vous rencontrer au départ d'une course....
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