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Vous allez penser que je radote un peu, mais figurez vous que ce mois ci notre coureuse du mois, je l'ai rencontré à la Parisienne. Et oui comme Brinouille !!! Et comme elle nous avions fait connaissance via le site internet www.courseapied.net.
Nous avions constitué une équipe de filles prêtes à faire fondre le bitume parisien et même si nous ne nous connaissions que par le biais d'un forum l'ambiance a tout de suite été chaleureuse. Et c'est là que j'ai vu arrivé Thyo, grande, très grande (pas besoin de Jimmy Choo elle...) et un sourire ! vous auriez vu ce sourire ! C'est bien simple, quand je suis rentrée chez moi je n'ai parlé que de 2 personnes à Ken :
- - Brinouille: «tu verrais elle court super vite, jamais je n'arriverai à faire ça un jour»
- - Thyo: «tu la verrais elle est belle!!!».
L'histoire ne s'est pas arrêtée là puisque quelques mois plus tard nous avons partagé le même lièvre sur le marathon de Paris. Après avoir fait 5 kms avec moi pour m'aider à finir il m'a laissé pour aller retrouver Thyo qui finissait dans des conditions telles qu'elle a gagné mon admiration éternelle. Quelques mois plus tard je vais la détester autant que je l'ai adoré puisqu'elle va oser aller à Millau avant moi !!! Mais bon comme elle l'a fait en marche rapide je lui pardonne... Vous trouverez le compte rendu de cette course hors norme après son portrait d'ailleurs. A vous donc de faire connaissance avec la jolie Thyo.
Petite présentation
Stéphanie dite Thyo, 34 ans, mariée, un petit garçon, enseignante.
Mon palmarès : un marathon de Paris en 2007 douloureux (kilomètre 0 : une tendinite au facia latia ; kilomètre 42, 195 : deux, une à chaque genou !)
Les 100 km de Millau 2007 : inoubliable.
Mon objectif à ce jour : augmenter ma vitesse sur 10 km. A ce jour, je marche à 10 km/h. (juste un truc les filles : si vous avez la chance d'avoir accès à un tapis de course un jour essayez de marcher à cette vitesse là pour voir ce que ça donne... moi je n'y arrive toujours pas !)
Comment as-tu commencé la course à pied ? Comment es-tu passé de la course à pied à la marche ?
J'ai commencé la course à pied après la naissance de mon fils, avec une grande détermination et quelques kilos à perdre. Bien qu'aidée par un passé où le sport était très présent, j'ai trouvé les retrouvailles bien douloureuses.
Lors de la préparation du marathon de Paris 2007, j'avais intégré la marche en séance de récupération, à cause notamment d'une tendinite devenue chronique au facia latia (fameuse TFL). Une femme membre du VRC92, Barbara L, ancienne championne de France de marche, m'a donnée quelques conseils techniques.
Que t'apporte la pratique de ce sport ?
Je marche depuis 1 an. Rapidement, j'ai découvert un sport d'une richesse inouïe. D'abord au niveau technique, la marche est un sport qui nécessite une grande rigueur et un contrôle de soi intéressant. Au fil des entraînements, la maîtrise du geste permet doucement, mais intensément, d'accéder à des sensations très fortes, similaires à celles de tous les sports d'endurance. C'est un sport qui demande un effort plus intense que la course mais moins violent. Les blessures sont moins fréquentes, moins graves. Ensuite, c'est un jeu. On joue avec son corps. La sensation de vitesse est très présente (10km/h sur 10km, 15km/h sur 100m). C'est enfin un sport qui permet d'accéder aux longues distances dans des conditions de préparation et de réalisation moins traumatisantes et tout aussi grisantes que la course.
Comment se passent les entraînements ?
Je suis en club mais je m'entraîne seule. Si je veux faire du foncier, je fais les trajets entre mon domicile et mon travail en marche, matin et soir, soit 20 km environ par jour. Si j'effectue un entraînement spécifique, je fais ces mêmes trajets en vélo et je fais 3 à 4 entraînements par semaine de piste (fractionnés courts, longs et travail technique).
Comment gères-tu l'entraînement et la vie quotidienne ? Le regard de ton entourage a-t-il changé sur toi ?
Mes entraînements sont la plupart du temps invisibles dans la vie quotidienne puisqu'ils sont sur mon temps de trajet (2h par jour). Et c'est un bon compromis avec ma famille qui trouvait que je passais trop de temps aux entraînements (le soir, le week-end). Maintenant, les seuls moments consacrés à la marche directement pris sur ma vie de famille, sont les compétitions, environ 1 tous les 2 mois... Mon entourage ne comprend pas cette volonté d'aller au bout. L'ultra, c'est un monde à part. Il faut y avoir goûté pour comprendre. Essayer d'expliquer à quelqu'un qui n'a jamais bu une goutte d'alcool, ce que l'on ressent quand on est saoul !! (Je précise qu'en l'occurrence, je ne bois pas du tout). J'ai donc renoncé à convaincre. Par contre, j'en parle avec passion si on me questionne.
As-tu des rêves de courses pas encore réalisées ?
Oui je n'ai que ça ! C'est comme les histoires d'amour, elles sont toutes uniques !
Mon 1er 6h (le 25 mai à Neuilly sur Marne), mon 1er 12h, mon 1er 24h, mon 1er ..... puis mon 1er...
Je voudrais revenir sur Millau, ce sera mon 1er Millau (en 13h)...
Compte rendu de Millau 2007
J'en rêvais ! Millau l'a fait !
Salut à tous,
Le 1er objectif c'était de finir. J'ai fini en 18h17"
Le 2nd était de reprendre le boulot le lundi matin : j'ai retrouvé mes élèves à 8h20, comme si rien ne s'était passé... Millau c'est rien à côté de mes loupiots ; ))
Je m'attendais à une épreuve tellement dure, que je me suis blindée et du coup c'est passé plus facilement que je ne pensais. L'angine du début de semaine me tombait sur les bronches : signe d'un début de grosse fatigue.
Millau c'est d'abord une ambiance géniale. L'animateur de la course qui me propose de me garder une partie de mon sac ! Je partais aussi chargée que pour faire le GR20! Ensuite, les kilomètres s'égrènent.
Je retiendrai 5 choses:
- d'abord l'énergie de Nenni (son lièvre sur cette course) qui m'a aidé à réaliser ce rêve. C'est énorme d'être guidée comme ça et de n'avoir plus qu'à suivre.
- une irrépressible envie de dormir au 85ème kilo. Je posais mon bras sur le sac de Nenni. Je piquais du nez en trottinant. Je partais à gauche, mon bras tombait et ça me réveillait. L'horreur... l'envie de dormir sur une course, je savais que j'étais une marmotte mais à ce point ! Merci Barbara... tu m'as tenu l'esprit éveillé.
L'euphorie qui a persisté pendant plusieurs heures. Impossible de redescendre, de me calmer. Nenni refuse d'accélérer, donc je ralentis... Voie de la sagesse.
La difficulté des 20 derniers : J'en pouvais plus ! J'ai fait en gros le 1er marathon en marche, puis course, puis un truc que j'appellerai la "mourche" (quand ça va) ou la "carche" (quand ça va moins bien !), mélange de marche et de course. Ca ne ressemble à rien mais j'avance. Mais les 20 derniers, avec la lampe frontale sur la tête, franchement mais qu'est ce que je fous là !!
Et puis l'arrivée...
Je vais rajouter un 6° point que je viens de découvrir à l'instant : la grande difficulté à faire un CR correct ! Je n'arrive pas à trouver les mots en fait. Je suis devant l'ordi là et j'ai tout en moi, et tout y reste.
Comment reprendre une vie normale? En fait quand on se lance dans ce genre d'aventures, ça n'a rien d'anodin. C'était mon cri d'amour. On est parfois obligé d'aller loin pour se sentir exister. En fait ce 100km a été pour moi un divan de bitume sur lequel on met les choses en perspective.
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