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Voilà, c'est fait, je l'ai tant attendu, tant redouté aussi, et c'est fini, déjà !
Je me suis réveillée difficilement ce dimanche matin ; l'angoisse de ce qui m'attendait m'a tenu éveillé une bonne partie de la nuit. Mais après une bonne douche et mon thé, je me suis dis : c'est aujourd'hui que je passe un cap, et l'enthousiasme m'a envahi. Je prépare avec attention ma tenue : débardeur rose oblige en ce grand RDV ; une fois habillée, un p'tit bisou à mes loupiots ( l'un me glisse à l'oreille ses p'tits mots d'encouragements : trop mignon ) et à mon homme, et me voilà partie, musique à fond dans la voiture. Les premiers du 10 bornes arrivent quand je me gare ; 15' d'échauffement et je m'aperçois de suite que ce n'est pas un bon jour : jambes lourdes et souffle court ; je repense à cette nuit passée à ressasser le parcours...pff Un p'tit tour aux toilettes, je croise quelques uns de mon club : ils ont tous la banane et me détendent : "va à ton rythme, tu t'en fiches du temps !" Voilà le départ est donné pile à l'heure. Je me suis positionné en milieu de peloton et je pars tout doux. Le 1er km passe tout seul et je me dis que j'ai eu peur pour rien : c'est que du bonheur. 2 & 3è km : je cale mon allure avant d'entrer dans la forêt. 1er ravito passé le 5è je prends juste un gobelet d'eau sans m'arrêter, çà le fait. 1ère côte puis récup' ; les gens sont nombreux tout du long et çà fait plaisir à voir vu le temps qu'il fait : pluie fine et vent glacial ! On entame tout un circuit urbain valonné ; 8, 9 km et je regarde ma montre : 54mn ; je suis assez confiante et j'en garde sous le pied pour entamer la dernière côte avant de finir la 1ère boucle. Je passe l'arche d'arrivée et me dis alors qu'il va falloir augmenter mon train si je veux finir avant 2h. Alors je prends une poignée de fruits sec au prochain ravito et tente d'allonger. çà passe jusqu'à la forêt mais là un grand coup de mou. Je tiens bon et pense à tout un tas de choses ( bizarre ce qui nous vient en tête dans ces moments ). La sortie de la forêt me casse un peu et là je m'arrête au ravito pour prendre le temps de boire correctement sans précipitation. Je repars beaucoup mieux, le souffle comme libéré et détendu ; je me rends compte qu'il ne reste que 4km pour tenter de rattrapper mon retard. Mais en même temps je suis déjà ravie de vivre ces moments tant attendus et je profite de chaque instant pour les graver en moi. Les enfants sont nombreux à nous encourager et nous applaudissent vivement malgré ce froid tenace ; j'aperçois un vétéran qui n'a cessé de me doubler puis de s'arrêter en haut de chaque côte : il est en train de cracher ses entrailles dans le caniveau ! des gens viennent voir s'il tient le coup ; puis plus loin deux messieurs se sont mis à marcher bras dessus bras dessous, avec des jambes tremblottantes : on dirait des vieillards jeunes ! un peu plus loin dernier ravito et le malvoyant qui s'est fait accompagner par un cycliste guide manque de tomber en chopant son gobelet. Alors on entame le dernier km ! mais je suis pas du tout dans les temps moi ! alors j'accélère dès la dernière côte passée et je relance la machine tant que je peux ; tout d'un coup mes jambes qui m'ont semblé si lourdes, me portent tant qu'il me semble voler...je pense à Rose levant les bras au bout de son Titanic :), je pense à mes p'tits bouts qui vont rater leur maman prenant son envol...je pense à vous les filles et vos récits, vos émotions...çà y est j'y suis ! Ce fut si difficile par moments et tellement fort. C'est sur cette longueur que je me suis allée pour la première fois au bout de mes forces ; mes mollets me font mal, j'ai la tête qui tourne un peu...j'ai tout donné et je suis bien. Bon le temps c'est pas çà : 2h07' mais c'est secondaire et c'est seulement maintenant que je m'en rend compte. Super souvenir à tel point que çà m'a convaincu pour le semi de paris ; je tenterai de faire mieux, c'est promis !
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