CR les 10 du 14ème, bis repetitae placent
Ce ne sera pas un CR drôle, mais un CR heureux! ou du moins satisfait. Imaginez donc derrière l’écran, entre des boucles blondes un sourire jusqu’aux oreilles et deux fossettes.
Ah les 10, les 10, les 10.... pourquoi ça existe au fait? Je me suis tellement écharpée dessus, Diesel que je suis. Enfin, “tellement” est abusif, j’en ai couru 6 en tout.
Mais les 10 du 14ème c’est différent. Primo, c’est la première compétition que je refais ( en tout cas sur la même distance) et, toute sénior que je suis, je me sens vétérane et sage de l’expérience acquise. Deuxio, l’année dernière j’avais battu mon RP et entamé ainsi pleine de confiance ma prépa marathon. Tertio quarto quinto sexto, c’est très proche de chez moi, le parcours est roulant, je ressens toujours le bénéfice de la semi trêve hivernale et la météo est idéale. Malgré la fatigue de la semaine passée, je m’y rends donc assez confiante. Et puis je teste mes nouvelles Adidas Adizero, de vraies chaussons propulseurs à côté de mes autres paires vieilles d’au moins 6 mois. Un régal pédestre.
Pour une fois, je me prépare sérieusement: j’arrive suffisamment en avance, je m’échauffe 25 minutes, fais des accélérations et surtout... me place bien sur la ligne de départ. Ce détail fera toute la différence. Je n’aurai presque personne à doubler ( je sais que la réciproque n’est pas vraie...) et le parcours sera fluide, sans ralentissement subi, relance, ni détours. Pour le chrono, j’ai pensé au dernier moment que ce serait bien de les courir en 45'59. Je sais que je peux le faire, mais cela m’impressionne que ce chrono corresponde à une vitesse de 4'36 au kilo. C’est archi-rapide! Je repense au cross des Mureaux où j’ai couru les 4.8km en 4'22 pour croire en cet objectif.
Le départ est donné et je m’élance. La cohue est courte et nous voilà à courir et à tourner dans les rues du 14ème. Ma stratégie de course est de partir vite. En effet, vite chez moi ne veut pas dire grand-chose, et sur toutes mes compétitions au chrono décevant je suis partie trop lentement et n’ai jamais pu reprendre la vitesse visée. Je cours donc vite, mais quand je regarde mon Garmin il m’indique une vitesse de 6'22. Mon cardio lui est à 220. Petit moment de désespoir: si à cette vitesse, je suis aussi essoufflée, ça ne le fera pas, mais pas du tout! Il baisse à 5'22, mais ça ne va toujours pas! Finalement je vois le traçage au deuxième km que je franchis en 9'12: c’est parfait! Le Garmin était un peu perturbé. C’était donc la bonne stratégie: pour moi partir très vite c’est partir à la bonne vitesse!
Le troisième km est descendant et j’accélère. Le 4ème ne pose pas de difficulté. Le 5ème comporte le fameux long faux-plat le long du cimetière de Montparnasse, je m’accroche pour ne pas ralentir alors que tout le peloton décélère.
Je passe le 5ème kilomètre en 23minutes et quelques secondes, c’est parfait. Je n’arrive pas à croire que j’arrive à tenir ma vitesse et cela sans souffrance ou découragement. Mes dernières compétitions ont presque toutes été douloureuses physiquement et moralement. Là, je me sens légère et très en forme, je repense à ce que me disent mes entraîneurs: “ relâche le haut, allonge la foulée”. Je sens que cette compétition se passera bien. Je dois néanmoins rester concentrée pour garder le rythme. Quand j’arrive au 9ème km, je me force enfin à accélérer. Un jeune homme qui me double sur les derniers mètres me pousse à sprinter et j’atteindrai ainsi, assez incrédule, mon objectif de 45'58.
Je demeure assez incrédule à ce jour d'ailleurs, d'autant que je n’ai pas l’impression de m’être fait violence. Mon cardio indique une moyenne de 182, preuve que je n’ai pas chômé du tout. Mais je suis étonnée d’avoir couru avec plaisir cette course. Un 10km? Du plaisir? Un chrono satisfaisant? Il faut que je sorte de mon rêve!
Après la course, je croise une athlète du club de Fresnes à qui je parle de Fred M, puis, rapidement, Mathilde qui a encore fait un chrono de choc, emportant haut la main une qualification pour les France. Quelle championne!
Conclusion: courir plus vite que ses jambes n’est pas une option, mais courir à la vitesse de ses jambes est un art délicat que je commence à peine à apprivoiser. Le secret de la veteranattitude peut-être...



