Écrit par Cécile Lundi, 19 Juillet 2010 15:41
Comme tous les ans depuis… puff… 36 ans maintenant (punaise ça fout un coup quand même !), me voilà dans mon île pour quelques jours en juillet. Des vacances sans Ré ce ne sont pas des vacances même si aujourd’hui je me retrouve à ronchonner derrière les voitures de ces foutus touristes qui feraient bien de passer la seconde parce que je n’ai pas que ça à faire moi ; au supermarché parce qu’ils nous prennent pour qui avec leurs tomates dorées à l’or fin… Tout ça pour dire que c’était bien mieux avant ! Avant ici, cela veut dire avant le pont, quand nous étions entre nous tranquille, sans tout ce petit peuple qui peut maintenant venir pour la journée alors que le bac les refroidissait tout de même un peu. Plus snob que le bout de l’Ile tu ne peux pas… Nous avons notre lot de « people » mais ce n’est pas St Trop ici que diable ! On se fait un point d’honneur à les ignorer totalement et vous vous retrouvez en terrasse de la Bazenne coincée entre Lucchini qui veut vous piquer un siège, Sandrine Kimberlain pas bronzée et cette saleté de Carole Bouquet encore plus belle sans maquillage qu’au cinéma… Question chirurgien, que le haut du panier avec Delajoux, le célèbre, le vrai celui de Johnny ! Cela donne des scènes incongrues avec la rencontre improbable au détour d’une piste cyclable entre une barbie un peu rouge et un Vincent Lindon essoufflé tout juste suivi d’une Aure Atika des plus charmantes. Comme je suis bien élevée, je leur ai dit bonjour. Je dis bonjour aux autres coureurs, je ne vais pas faire de différence quand même. Il m’a gentiment répondu d’ailleurs. J’explique ensuite à Thomas, 11 ans, qui il vient de croiser. Dire que cela le bouleverse est un grand mot… Il aura le mot de la fin avec un désormais célèbre : « et lui, il sait qu’il a croisé la première française qui a couru avec les pingouins ? C’est quand même super impressionnant Maman ! ». J’adore cet enfant !!!
Revenons en à la course à pied : environ un semi par jour, soit en une fois, soit en bi quotidien histoire de courir aussi de temps en temps avec de la chaleur. Question dénivelé ça se complique puisque je suis quand même sur une île qui a le relief des Maldives… Solution trouvée : le phare des Baleines que je grimpe à fond. Ça muscle les quadri et ça fait surtout marrer les enfants… et consterne la vendeuse de tickets à l’entrée !
Comme tous les ans maintenant je me suis alignée sur les 15 km de la mer, à St Martin de Ré. En fait 14km600 mais on ne va pas chipoter pour si peu. Cette année changement de programme : Ken est remplacé par une pétroleuse, à savoir Sophie en vacances dans le coin. Elle est malade et je me demande encore où elle a trouvé la force de courir. Mais je vous rassure, elle m’a quand même mis une veste, défendant haut et fort la réputation des coureuses les plus rapides de l’Ouest. De toute façon je suis en vitesse footing, en autonomie d’eau avec ma ceinture (et j’ai même pris ma gourde !!!), mon lecteur MP3 vissé sur les oreilles. Je sais qu’il va faire chaud et qu’il va y avoir du vent. Cette course n’est pas du tout roulante en plus alors à quoi bon se fatiguer pour battre un record improbable. Me voilà donc partie en balade tranquillement, me laissant doubler sans l’ombre d’un sentiment de culpabilité, même si je me marre au fond de moi, en pensant à tous ceux que je vais ramasser au retour parce que partis trop vite. Au bout de 10 km, un jeune homme (vraiment jeune !) s’installe à mes côtés. J’accélère, il suit, je ralentis, il reste. Ok il se plait là…Ah la magie du syndrome Demi Moore ou alors l’efficacité des lunettes de soleil de course qui cachent mes première rides, allez savoir… Du coup je papote bien sûr et là s’engage une de ces conversations surréalistes que j’adore : « c’est votre première fois ? », je lui demande. « Ca se voit tant que ça ? » me répond-il… « il faudra continuer, je sens en vous un fort potentiel… ». On papote, j’ai trouvé un mec bavard, ce qui est plutôt sympa pour le retour très très venteux. Au fur et à mesure, je sens bien que nous accélérons et que mon footing tranquille est en train de changer d’allure. Le ton sera donné lorsque 2 « crétins » ? « idiots » ? nous doubleront une première fois, vexés sans aucun doute qu’une fille en jupette soit devant eux en train de papoter. Comme ils n’arrivent pas à tenir le rythme nous les redoublons, avant qu’ils ne recommencent. Il a suffi d’un regard avec mon voisin pour se comprendre et là « on te les a enrhumés » !!! Du coup c’est à fond que nous arrivons sur le port pour un tour d’honneur avant d’accélérer pour finir en 1h13, ravis de notre temps pour ma part inespéré. Ce qui est rassurant pour moi c’est que j’ai pu parler tout le temps sans souci. Je salue mon compagnon de route du jour pour aller voir ma petite Sophie bien mal en point. Gastro et course à pied ne font pas bon ménage… Mais qui suis-je pour donner des leçons de morale aux gens !
Encore quelques jours ici pour mener à bien l’opération « il faut sauver le nombril blanc de Barbie » et direction les Alpes pour l’ultra de la 6000D. Tiens ça ne me manquait pas les cailloux en fait…


