Écrit par guillaume Lundi, 26 Septembre 2011 17:45
Il y a des personnes comme ça où l'on devine des histoires passionnantes, des personnalités qui méritent qu'on consacre un peu de temps pour en savoir plus. Il y a des personnes comme Betta qui méritait largement un portrait du mois. Je vous laisse découvrir notre motarde favorite !
Cécile
Je suis née en 1951 en Italie du Sud, et une paires d'année plus tard la famille a migré vers la pointe Ouest de la Bretagne (Brest.) 4 enfants (2 gars, 2 filles) et des parents qui n'imaginaient même pas que les filles puissent avoir une activité autre que l'école. Il était juste primordial que l'on soit en tête de classe!!! Donc, pas de sport à proprement parler, mais j'ai toujours bougé, tapé dans un ballon avec mes frères, nagé dans l'Adriatique pendant nos 2 mois d'été... En fait, j'étais branchée sur le 220V, et mes copains de lycée m'appelaient « Stromboli », volcan toujours en éruption.
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La bac en poche, direction la Fac de Rennes, la liberté etc... Je continuais mes études, puis commençais à enseigner, me mariais.
2 enfants plus tard, à l'aube de mes 30 ans, j'analysais mon quotidien et décidais de tout chambouler. J'obtenais la séparation, quittais l'enseignement (10 ans) et reprenais des études. Je prenais en fait possession de ma vie, je commençais la planche à voile, le roller avec mes enfants etc...
Quelques années plus tard, je rencontrai Zhom, me mariais et en route pour la Seine et Marne. A nous les balades vélo en famille, la rando (2 fois 4 semaines en Crête à pied...)
Beaucoup de mal à m'habituer à la vie seine et marnaise, j'étais stressée, je faisais des crises de spasmo à répétition. Zhom courait et ça le détendait, j'ai voulu comprendre comment cela était possible qu'il réussisse à évacuer son stress simplement en courant. Un soir d'octobre 1991, je l'accompagnais. Au bout de 200m, j'ai juré mes grands dieux qu'on ne m'y reprendrait plus. Mais zhom est un calme, patient et moi têtue. Il m'a aidée à persévérer en alternant marche et course. Novembre, j'arrivais à boucler mes 10 km – 4 tours de la résidence avec 1' d'arrêt devant mon jardin. Par contre, je ne ressentais pas vraiment de plaisir, je pensais à respirer, à mettre un pied devant l'autre.
Le week-end, je trottinais dans les bois, et à force d'arpenter les allées, je croisais puis sympathisais avec d'autres coureurs. Mars 1992, un 12km mi-route mi-bois était organisé dans le village voisin (Pontcarré) et nous décidions tous de nous lancer dans l'aventure. Je vous passe les détails de mon stress, des douleurs abdominales et de l'excitation avant le départ... je terminais en 1h10, hyper fière. J'avais mis le doigt dans l'engrenage.
De fil en aiguille, les courses se sont succédées, en hiver les bike & run, puis je me laissais embarquer dans des raids multisports (la féminine de l'équipe), les CO. Je faisais donc aussi du VTT, du vélo/route... et en 1993 nous montions le club Tri Passion d'Ozoir la Ferrière.
De débutante, je passais à un entraînement copieux dans les 3 disciplines, mais toujours un peu dillettante. Terminer une course oui, mais en forme, sauf quand il s'agissait d'une course d'équipes. Le marathon me trottait déjà dans la tête, et le matin du 1er janvier 1994 (brumes de champagne ?) je décidais de m'inscrire à celui de Paris. Je m'entraînais seule, à la frontale, quelles que soient les conditions météo. Avril 94, je terminais le marathon en 4h13. Je me suis sentie une Grande, j'étais hyper enthousiaste et réussissais même à convaincre mes collègues du Tri (zhom y compris) de m'accompagner sur celui de Reims en octobre.
Le sort en décidait autrement ; le 1er octobre, bel après-midi ensoleillée, j'étais en vélo, et mon chemin précédait celui d'une automobiliste distraite et pressée. Je me suis retrouvée sur le bitume, tel un pantin. J'étais cassée de la tête aux pieds, il a fallu me trépaner. Je me suis réveillée quelques jours plus tard, mon corps n'était que douleur mais j'étais en vie. Les fractures multiples ne me laissaient pas espérer que je puisse recourir un jour. En mars, je marchais quasi normalement, mais de là à courir! Cet accident m'a fait réaliser qu'il faut savoir profiter de l'instant, regarder autour de soi et ne pas se lamenter. Je voulais à tout prix reprendre la CAP, trottinais en cachette et commençais à me forger un mental de « winneuse ». J'ai tout repris, et me suis inscrite en plus au club d'athlé. Je voulais progresser, étais sérieuse aux entraînements. J'ai amélioré tous mes temps sur 10km (45'20) semi (1h43'21 '') et marathon 3h51. Je ne m'arrêtais plus, D'ailleurs, j'ai tellement couru que je suis incapable de faire l'inventaire de mes courses (les plus notoires : cross du Figaro, semi de Paris, de Reims, Paris-Versailles, Elle et Lui, marathons Paris, la Rochelle, Florence, Sedan-Charleville, 20 km de Bruxelles etc,,,).
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Depuis mon enfance, je rêvais de faire de la moto et comme il ne faut pas remettre au lendemain etc... m'achetais une 125cm3 pour débuter. J'ai sillonné les routes du département, puis de France et passais mon permis Gros Cube (zhom aussi). Je continuais la CAP bien sûr.
2003, nous quittions la Seine et Marne pour le Haut-Var dont nous étions tombé amoureux
quelques années auparavant et mes pas me portaient alors en colline.
2004, je suis opérée d'un cancer, mais je suis désormais une grande optimiste et je gagnerais la lutte. Bien sûr, j'ai stoppé mes activités sportives. Je reprenais la moto (sur piste aussi), puis recommençais à courir mais de loin en loin. Zhom avait aussi arrêté suite à des soucis de santé, et je n'arrivais plus à me booster.
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Mai 2008, un trail était organisé dans mes collines, je ne pouvais pas m'y soustraire. J'avais remis un pied dans la CAP.
Au hasard de recherches sur le Net, je découvrais CAF, le site a été mon moteur. Il fallait absolument que je remplisse »Qu'avez vous fait aujourd'hui ». Je n'étais plus seule. Je rencontrais des CAFeuses lors de courses (La Prom'classic entre autres), j'étais relancée.
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Par contre, ma pratique a changé, je cours non plus pour un chrono mais pour mon plaisir. A 60 ans, de toute façon, je ne rêve plus de chrono. Je veux découvrir des routes, des sentiers, des paysages, des odeurs là où mes pas me mènent. La CAP permet de s'évader, même à quelques encablures de sa maison, Mes running m'accompagnent partout, même lors de mes voyages en moto. La CAP contribue à mon bien-être. Quand je cours, je regarde autour de moi tous les sens en éveil, je refais le monde, je résous des problèmes, je voyage, je chante. Je veux toujours aller voir ce que cache le virage que j'entrevois,
J'espère courir tant que mes jambes me portent, Je veux aussi continuer les courses (route et trail) pour les rencontres que l'on y fait. J'avais prévu de refaire le marathon de Florence en novembre, mais j'y renonce. Je traîne une tendinite récalcitrante depuis 3 mois et l'aventure marathon m'empêchait de me soigner, en courant j'occulte mes douleurs. J'ai décidé de faire le nécessaire pour guérir tout en participant à des 10km, semi etc... mais en sachant que si j'ai trop mal, j'arrête l'entraînement.
La semaine prochaine, je projette de participer à l'Odyssea Cannes, puis au Luberon (semi ou 10, ça dépend). Je descends ensuite en Italie (mes parents veulent y passer l'hiver. Ma tenue fera partie de mes bagages, j'ai déjà vu un semi-marathon à Pescara, alors pourquoi pas.
Au printemps, certainement un marathon à l'étranger (Italie, Espagne ???)
et maintenant que je suis à la retraite, j'aimerai pouvoir participer à une course à étapes et à un 100km.
J'avouerai que la mouche du Triathlon me rechatouille aidée en cela par la lecture des aventures des filles à Gerardmer, de Catmuche, Rohini et Twister... A voir, surtout qu'en octobre 2012, un Half est organisé dans mon secteur, natation dans Mon Lac!



























